Après
les élections, un nouveau gouvernement.
Suite
au traité de coalition signé vendredi 25 novembre
2005 entre Siumut (social-démocrate), Inuit Ataqatigiit
(pro-indépendantiste) et Atassut (centre-droit), on
assiste à un trio inédit dans l’histoire
de l’autonomie du Groenland. A noter que Hans Enoksen
reste à la tête du gouvernement, et qu’une
jeune politicienne âgée à peine de 27
ans devient ministre.
Le
nouveau gouvernement est entré en fonction le 1er décembre.
Le
chef du gouvernement
Hans
Enoksen (Siumut), 49 ans, est à la tête du gouvernement
groenlandais depuis les élections de décembre
2002. En 1995, il fit son entrée au Parlement groenlandais.
Son ascension politique s’est faite en 2001, lorsqu’il
prit la tête du parti Siumut et de l’association
des municipalités groenlandaises, KANUKOKA. Avant de
devenir chef du gouvernement, il avait été en
charge de la pêche, de la chasse et des villages, de
2001 à 2002, au sein du gouvernement de Jonathan Motzfeldt.
Les nouvelles attributions de Hans Enoksen incluent, outre
le poste de chef du gouvernement, le domaine de l’autonomie.
Les
ministres
-
Culture, éducation, recherche et église.
Doris Jakobsen (Siumut), 27 ans, est membre du Parlement groenlandais
depuis 2002. Originaire d’Ilulissat, elle a commencé
à s’intéresser très jeune à
la politique. A 14 ans déjà, Doris Jakobsen
s’était inscrite à la section des jeunes
du parti Siumut. Plus tôt cette année, elle a
été élue au conseil municipal de Nuuk.
En revanche, sa candidature aux élections du Parlement
danois en février dernier est restée infructueuse.
Durant son premier mandat de député, elle a
présidé la commission parlementaire en charge
de l’éducation et a été deuxième
vice-présidente du Parlement.
-
Famille et justice.
Aleqa Hammond (Siumut), 40 ans, n’a aucune expérience
en politique. Ces 15 dernières années, elle
a travaillé dans le tourisme ainsi que pour la Conférence
Circumpolaire Inuit (ICC). Simple membre du parti Siumut,
inscrite à la section de Qaqortoq, elle a été
élue au Parlement à la suite des élections
du 15 novembre dernier.
-
Logement, infrastructure et matières premières.
Jørgen
Wæver Johansen (Siumut), 33 ans, avait quitté
le gouvernement en avril dernier à la suite d’un
désaccord avec Hans Enoksen. Membre du parlement depuis
1999, il occupa la même année son premier poste
de ministre : il n’avait que 27 ans. En avril dernier,
lors d’une conférence de presse, Jørgen
Wæver Johansen, alors ministre en charge de l’autonomie,
estimait à vingt ans le temps qu’il faudra au
Groenland pour devenir indépendant.
-
Economie et Affaires étrangères.
Josef Motzfeldt (Inuit Ataqatigiit), 64 ans, a une longue
carrière derrière lui. Membre du Parlement depuis
1987, il devint ministre pour la première fois en 1984.
A la tête du parti Inuit Ataqatigiit depuis 1994, il
a montré en tant que ministre des Affaires étrangères
(2003-2005) une volonté de voir le Groenland jouer
un rôle sur le plan international : rencontre avec José
Manuel Durão Barroso, Colin Powell ; déplacement
au Japon, aux Etats-Unis, etc. Josef Motzfeldt était
déjà en charge de l’économie et
des affaires étrangères dans le gouvernement
sortant.
-
Santé et environnement.
Asii
Chemnitz Narup (Inuit Ataqatigiit), 51 ans, a été
membre du Parlement depuis 1999. Elle a une longue expérience
dans le domaine des affaires sociales et de la santé,
a écrit plusieurs ouvrages et a collaboré pendant
six ans à une émission de la radio-télévision
publique KNR sur le sujet. Conseillère municipale à
Nuuk de 1992 à 1993, Asii Ch. Narup était déjà
ministre de la santé dans le gouvernement sortant.
-
Pêche et chasse.
Finn Karlsen (Atassut), 53 ans, est à la tête
du parti Atassut. Il est membre du Parlement depuis 1999 et
a été quatrième vice-président
du Parlement durant la législature qui s’achève.
-
Emploi, agriculture et marché du travail.
Siverth K. Heilmann (Atassut), 52 ans, ancien maire de Maniitsoq,
fait son retour au Parlement. Il n’avait pas été
réélu à l’issue des élections
législatives de 2002.
Les
partis politiques au Groenland, à la différence
de ce qui se passe aux Iles Féroé, sont dans
leur majorité favorables à l’indépendance
du pays vis-à-vis du Danemark. La façon de faire,
notamment par le temps que cela doit prendre et les conditions
que cela implique, les différencie. A l’extrême
gauche de l’échiquier politique groenlandais,
on trouve le parti pro-indépendantiste Inuit Ataqatigiit,
mené par Josef Motzfeldt, puis, les sociaux-démocrates
de Siumut emmenés par le chef du gouvernement Hans
Enoksen.